Des preuves de la Résurrection du Christ

Traduction par « Le Catholique libertarien » de l’article « Evidence for the resurrection of Christ » de Peter Kreeft. L’article de Peter Kreeft est une synthèse de son livre Handbook of Christian Apologetics par Peter Kreeft et Fr. Ronald Tacelli. Quand cela était possible des liens vers les sources et citations ont été rajoutés.

Peter John Kreeft (né le 16 Mars 1937 à Paterson, New Jersey) est un professeur de philosophie au Boston College et au King’s College. Il est l’auteur de nombreux livres traitant de philosophie Chrétienne, de théologie et d’apologétique.

Concernant la divinité du Christ et le caractère unique du Christianisme par Peter Kreeft.

L’utilisation de cette traduction est libre. Si vous décidez de l’utiliser, il serait appréciable que vous citiez l’article original de Peter Kreeft et notre site pour la traduction. Merci!

L’approche: cinq théories possibles

Nous croyons que la résurrection du Christ peut être prouvée avec au moins autant de certitude que n’importe quel événement universellement cru et bien documenté de l’histoire ancienne.

Pour le prouver, nous n’avons pas besoin de présupposer quelque chose de controversé (par exemple que les miracles se produisent). Mais le sceptique ne doit pas présupposer de choses  du même ordre non plus (par exemple, que les miracles ne se produisent pas).

Nous n’avons pas besoin de présupposer que le Nouveau Testament est infaillible, ou divinement inspiré ou même vrai.

Nous n’avons pas besoin de présupposer que le tombeau était effectivement vide ou qu’il y ait eu des apparitions post-résurrection, tel que cela a été consigné.

Nous devons présupposer seulement deux choses, qui sont des données concrètes, des données empiriques, que personne ne nie: L’existence des textes du Nouveau Testament tels que nous les avons, et l’existence (mais pas nécessairement la véracité) de la religion chrétienne comme nous la trouvons aujourd’hui.

La question est la suivante: quelle théorie sur ce qui s’est vraiment passé à Jérusalem ce premier dimanche de Pâques peut rendre compte de ces données?

Il y a cinq théories possibles: le Christianisme, l’hallucination, le mythe, la conspiration et l’évanouissement.

1 Jésus est mort Jésus est ressuscité le Christianisme
2 Jésus est mort Jésus n’est pas ressuscité – les apôtres ont été trompés Hallucination
3 Jésus est mort Jésus n’est pas ressuscité – les apôtres ont créé un mythe Mythe
4 Jésus est mort Jésus n’est pas ressuscité – les apôtres nous ont trompés Conspiration
5 Jésus n’est pas mort Evanouissement

Les théories 2 et 4 constituent un dilemme: si Jésus n’est pas effectivement ressuscité, alors les apôtres, qui ont enseigné qu’il l’a fait, ont été soit trompés (s’ils pensaient qu’il l’a fait), soit trompeurs (s’ils savaient qu’il ne l’a pas fait). Les modernistes ne pouvaient pas échapper à ce dilemme jusqu’à ce qu’ils trouvent une catégorie intermédiaire, le mythe. C’est l’alternative la plus populaire aujourd’hui.

Ainsi (1) la résurrection a vraiment eu lieu, (2) les apôtres ont été trompés par une hallucination, (3) les apôtres ont créé un mythe, ne le signifiant pas littéralement, (4) les apôtres ont été des trompeurs qui ont conspiré contre le monde (5) Jésus s’est évanoui et a été réanimé, non ressuscité. Les cinq théories sont logiquement possibles et doivent donc être étudiées de manière équitable, même (1)!

Ce sont aussi les seules possibilités, à moins d’inclure des idées vraiment farfelues que les historiens responsables n’ont jamais prises au sérieux, comme celle que Jésus était vraiment un Martien venu dans une soucoupe volante. Ou qu’il n’a jamais existé; que toute l’histoire était le plus grand roman fantastique du monde, écrit par un simple pêcheur; qu’il était un personnage littéraire que tout le monde dans l’histoire a pris pour une personne réelle, y compris tous les chrétiens et leurs ennemis, jusqu’à ce qu’un érudit plusieurs siècles plus tard obtienne ce véritable scoop à partir de sources anonymes.

Si nous pouvons réfuter toutes les autres théories (2-5), nous aurons prouvé la vérité de la résurrection (1). La forme de l’argument ici est similaire à celle de la plupart des arguments en faveur de l’existence de Dieu. Ni Dieu ni la résurrection ne sont directement observables, mais à partir de données directement observables, nous pouvons affirmer que la seule explication adéquate possible de ces données est la chrétienne.

Nous reprendrons les quatre théories non-croyantes dans l’ordre suivant: de la plus simple, moins populaire, plus facilement réfutable à la plus déroutante, plus populaire et  plus complexe à réfuter: D’abord l’évanouissement, puis la conspiration, puis l’hallucination et enfin le mythe.


Réfutation de la théorie de l’évanouissement: neuf arguments

Neuf éléments de preuve réfutent la théorie de l’évanouissement:

(1) Jésus n’aurait pas pu survivre à la crucifixion. Les procédures romaines étaient très attentives à éliminer cette possibilité. Le droit romain a même imposé la peine de mort à tout soldat qui a permis à un prisonnier de s’échapper de quelque façon que ce soit, y compris en faisant une erreur de crucifixion. Cela ne s’est jamais produit.

(2) Le fait que le soldat romain n’a pas brisé les jambes de Jésus, comme il l’a fait aux deux autres criminels crucifiés (Jean 19:31-33), signifie que le soldat était sûr que Jésus était mort. Briser les jambes hâtait la mort afin que le cadavre puisse être enlevé avant le sabbat (v. 31).

(3) Jean, témoin oculaire, a certifié avoir vu du sang et de l’eau provenant du cœur transpercé de Jésus (Jean 19:34-35). Cela montre que les poumons de Jésus se sont effondrés et qu’il est mort d’asphyxie. Tout expert médical peut se porter garant de cela.

(4) Le corps a été totalement enveloppé de draps puis enseveli (Jean 19:38-42).

(5) Les apparitions après la résurrection ont convaincu les disciples, même le « Thomas suspicieux », que Jésus était glorieusement vivant (Jean 20:19-29). Il est psychologiquement impossible pour les disciples d’avoir été aussi transformés et confiants si Jésus leur était apparu sortant difficilement de l’évanouissement et ayant désespérément besoin d’un médecin. Un homme malade, à moitié mort, titubant, qui vient d’échapper de justesse à la mort, n’est pas vénéré courageusement comme Seigneur divin et conquérant de la mort.

(6) Comment les gardes romains du tombeau ont-ils été vaincus par un cadavre évanoui? Ou par des disciples non armés? Et si les disciples l’ont fait, ils ont sciemment menti quand ils ont écrit les évangiles, et nous sommes dans la théorie de la conspiration, que nous réfuterons sous peu.

(7) Comment un homme à moitié mort, évanoui, aurait-il pu déplacer la grande pierre à la porte du tombeau? Qui a déplacé la pierre si ce n’est un ange? Personne n’a jamais répondu à cette question. Ni les Juifs ni les Romains ne l’auraient déplacée, car il était dans leur intérêt de garder le tombeau scellé, les Juifs avaient fait mettre la pierre en premier lieu, et les gardes romains auraient été tués s’ils avaient laissé le corps « s’enfuir ».

L’histoire que les autorités juives ont répandue, à savoir que les gardes se sont endormis et que les disciples ont volé le corps (Mt 28:11-15), est incroyable. Les gardes romains ne s’endormiraient pas pendant un travail comme celui-ci; s’ils le faisaient, ils perdaient leur vie. Et même s’ils s’endormaient, la foule, l’effort et le bruit qu’il aurait fallu pour déplacer un énorme rocher les auraient réveillés. En outre, nous sommes de nouveau dans la théorie du complot, avec toutes ses difficultés insolubles (voir la section suivante).

(8) Si Jésus s’est réveillé d’un évanouissement, où est-il allé? Pensez-y: vous avez un corps vivant à prendre en compte maintenant, pas un mort. Pourquoi a-t-il disparu? Il n’y a absolument aucune donnée, pas même de données fausses, fantastiques, imaginaires, sur la vie de Jésus après sa crucifixion, dans n’importe quelle source, amie ou ennemie, à n’importe quel moment, tôt ou tard. Un homme comme ça, avec un passé comme celui-là, aurait laissé des traces.

(9) Plus simplement, la théorie de l’évanouissement se transforme nécessairement en théorie de la conspiration ou théorie de l’hallucination, car les disciples ont témoigné que Jésus ne s’est pas évanoui, mais qu’il est vraiment mort et réellement ressuscité.

Il peut sembler que ces neuf arguments ont violé notre principe initial de ne pas présupposer la véracité des textes évangéliques, puisque nous avons discuté des données dans les textes. Mais la théorie de l’évanouissement ne remet pas en cause les vérités dans les textes auxquels nous nous référons comme données; elle les utilise et les explique (par évanouissement plutôt que par résurrection). Ainsi nous les utilisons aussi. Nous argumentons à partir des propres prémisses de nos adversaires.


Réfutation de la théorie de la conspiration: sept arguments

Pourquoi les disciples n’auraient-ils pas inventé toute l’histoire?

(1) Blaise Pascal donne une preuve simple, psychologiquement solide de pourquoi c’est impensable:
« Pour ne pas croire les Apôtres, il faut dire qu’ils ont été trompés, ou trompeurs. L’un et l’autre est difficile. Car, pour le premier, il n’est pas possible de s’abuser à prendre un homme pour être ressuscité. Et pour l’autre, l’hypothèse qu’ils aient été fourbes, est étrangement absurde. Qu’on la suive tout au long. Qu’on s’imagine ces douze hommes assemblés après la mort de Jésus-Christ, faisant le complot de dire qu’il est ressuscité. Ils attaquent par là toutes les puissances. Le cœur des hommes est étrangement penchant à la légèreté, au changement, aux promesses, aux biens. Si peu qu’un d’eux se fût démenti par tous ces attraits, et qui plus est par les prisons, par les tortures, et par la mort, ils étaient perdus. Qu’on suive cela. » (Pascal, Pensées XVI, 126)

Le «point» majeur dans cet argument est le fait historique que personne, faible ou fort, saint ou pécheur, chrétien ou hérétique, n’a jamais avoué, librement ou sous la pression de pot-de-vin ou même de la torture, que toute l’histoire de la résurrection était un faux un mensonge, une tromperie délibérée. Même quand les gens ont subi la torture, ont renié le Christ et adoré César, ils n’ont jamais laissé ce secret sortir, ni jamais révélé que la résurrection était leur conspiration. Car ce secret n’a jamais été . Aucun chrétien n’a cru que la résurrection était une conspiration; s’ils l’avaient fait, ils ne seraient pas devenus chrétiens.

(2) S’ils ont inventé l’histoire, ils étaient les fantaisistes les plus créatifs, astucieux, intelligents dans l’histoire, dépassant de loin Shakespeare, Dante ou Tolkien. Les «histoires de poisson» des pêcheurs ne sont jamais aussi élaborées, aussi convaincantes, qui changent la vie et qui durent.

(3) Le caractère des disciples défend fortement une telle conspiration, de leur part à tous, sans voix dissidente. Ils étaient de simples, honnêtes et ordinaires paysans, pas des menteurs rusés et complaisants. Ils n’étaient même pas avocats! Leur sincérité est prouvée par leurs paroles et leurs actes. Ils ont prêché un Christ ressuscité et ils ont vécu un Christ ressuscité. Ils sont volontairement morts pour leur « conspiration ». Rien ne prouve la sincérité comme le martyr. Leur changement de vie, de la peur à la foi, du désespoir à la confiance, de la confusion à la certitude, de la lâcheté incontrôlable à l’audace inébranlable sous la menace et la persécution, non seulement prouvent leur sincérité mais témoignent d’une cause puissante. Un mensonge peut-il provoquer une telle transformation? La vérité et le bien sont-ils de tels ennemis que le plus grand bien de l’histoire – la sainteté – vienne du plus grand mensonge?

Utilisez ici votre imagination et votre sens de la perspective. Imaginez douze paysans pauvres, effrayés, stupides (lisez les Evangiles!) qui changent le dur monde romain avec un mensonge. Et qui plus est, pas avec un mensonge attrayant facile à digérer.

Saint Thomas d’Aquin dit:
« Devant de telles choses, mue par l’efficace d’une telle preuve, non point par la violence des armes ni par la promesse de plaisirs grossiers, et, ce qui est plus étonnant encore, sous la tyrannie des persécuteurs, une foule innombrable, non seulement de simples mais d’hommes très savants, est venue s’enrôler dans la foi chrétienne, cette foi qui prêche des vérités inaccessibles à l’intelligence humaine, réprime les voluptés de la chair, et enseigne à mépriser tous les biens de ce monde. Que les esprits des mortels donnent leur assentiment à tout cela, et qu’au mépris des réalités visibles seuls soient désirés les biens invisibles, voilà certes le plus grand des miracles et l’oeuvre manifeste de l’inspiration de Dieu. » (Summa Contra Gentiles, I, 6)

(5) Il ne pouvait y avoir de motif possible à un tel mensonge. Les mensonges sont toujours dits pour un avantage égoïste. Quel avantage les «conspirateurs» ont-ils tiré de leur «mensonge»? Ils étaient détestés, méprisés, persécutés, excommuniés, emprisonnés, torturés, exilés, crucifiés, bouillis vivants, rôtis, décapités, éventrés et  livrés aux lions – un drôle de catalogue d’avantages!

(6) Si la résurrection était un mensonge, les Juifs auraient montré le cadavre et étouffé dans l’œuf cette superstition redoutée. Tout ce qu’ils avaient à faire était d’aller au tombeau et de l’avoir. Les soldats romains et leurs chefs étaient de leur côté, pas les Chrétiens. Et si les Juifs n’ont pas pu obtenir le corps parce que les disciples l’avaient volé, comment avaient-ils fait cela? Les arguments contre la théorie de l’évanouissement sont également valables ici: des paysans désarmés ne pouvaient pas maîtriser les soldats romains ou rouler une grosse pierre pendant qu’ils dormaient en service.

(7) Les disciples n’auraient pas pu proclamer la résurrection à Jérusalem – même temps, même endroit, plein de témoins oculaires – si cela avait été un mensonge.

William Lane Craig dit:
« Les évangiles ont été écrits à une telle proximité temporelle et géographique des événements qu’ils rapportent, qu’il aurait été presque impossible de fabriquer ces événements […] Le fait que les disciples aient pu proclamer la résurrection à Jérusalem face à leurs ennemis quelques semaines après la crucifixion, prouve que ce qu’ils proclamaient était vrai, car ils n’auraient jamais pu proclamer la résurrection (et être crus) dans de telles circonstances si cela n’avait pas eu lieu. » (Knowing the Truth about the Resurrection, chapitre 6)

(8) S’il y avait eu une conspiration, elle aurait certainement été mise à jour par les adversaires des disciples, qui avaient à la fois intérêt à et le pouvoir d’exposer toute fraude. L’expérience commune montre que de telles intrigues sont inévitablement révélées (Craig, ibid).

En conclusion, si la résurrection est un mensonge concocté et conspiré, il viole toutes les lois historiques et psychologiques connues sur le mensonge. Il est donc aussi peu scientifique, non répétable, unique et indémontrable que la résurrection elle-même. Mais contrairement à la résurrection, il est également contredit par des choses que nous connaissons (les points ci-dessus).


Réfutation de la théorie de l’hallucination: treize arguments

Si vous pensez avoir vu un homme mort qui marche et parle, ne pensez-vous pas qu’il serait plus probable que vous halluciniez plutôt que vous voyiez correctement? Pourquoi alors ne pas penser la même chose à propos de la résurrection de Christ?

(1) Il y avait trop de témoins. Les hallucinations sont privées, individuelles, subjectives. Le Christ est apparu à Marie de Magdala, aux disciples sans Thomas, aux disciples avec Thomas, aux deux disciples d’Emmaüs, au pêcheur sur le rivage, à Jacques (son «frère» ou cousin), et même à cinq cents personnes à la fois (1 Cor 15:3-8). Même trois témoins différents suffisent pour une sorte de trigonométrie psychologique; plus de cinq cents est à peu près aussi public que vous pouvez le souhaiter. Et Paul dit dans ce passage (verset 6) que la plupart des cinq cents sont encore vivants, invitant n’importe quel lecteur à vérifier la vérité de l’histoire en interrogeant les témoins – il n’aurait jamais pu faire cela et s’en être tiré, étant donné le pouvoir, les ressources et le nombre de ses ennemis, si cela n’avait pas été vrai.

(2) Les témoins étaient qualifiés. C’étaient des gens simples, honnêtes, moraux, qui avaient une connaissance directe des faits.

(3) Les cinq cents ont vu le Christ ensemble, au même moment et au même endroit. Ceci est encore plus remarquable que cinq cents «hallucinations» privées à différents moments et lieux du même Jésus. Cinq cents observations différentes d’Elvis peuvent être écartées, mais si cinq cents simples pêcheurs dans le Maine le voyaient, le touchaient et parlaient avec lui cette fois-là, dans la même ville, ce serait différent. (Le seul autre mort que nous connaissons et qui serait apparu en même temps à des centaines de témoins oculaires qualifiés et sceptiques est Marie, la mère de Jésus [à Fatima, à 70 000 personnes]. Et ce n’était pas une revendication de résurrection physique, mais d’une vision.)

(4) Les hallucinations durent habituellement quelques secondes ou minutes; rarement des heures. Celle-ci a traîné pendant quarante jours (Actes 1: 3).

(5) Les hallucinations n’arrivent généralement qu’une seule fois, sauf pour les aliénés. Celle-ci est revenue plusieurs fois, aux gens ordinaires (Jean 20:19, Jean 21: 14, Actes 1:3).

(6) Les hallucinations viennent de l’intérieur, de ce que nous savons déjà, au moins inconsciemment. Celle-ci a dit et fait des choses surprenantes et inattendues (Actes 1: 4,9) – comme une personne réelle et contrairement à un rêve.

(7) Non seulement les disciples ne s’attendaient pas à cela, mais ils ne le croyaient pas d’abord, ni Pierre, ni les femmes, ni Thomas, ni les onze. Ils pensaient qu’il était un fantôme; il devait manger quelque chose pour prouver qu’il ne l’était pas (Lc 24, 36-43).

(8) Les hallucinations ne mangent pas. Le Christ ressuscité l’a fait au moins deux fois (Lc 24, 42-43, Jn 21, 1-14).

(9) Les disciples l’ont touché (Mt 28: 9, Lc 24:39, Jn 20:27).

(10) Ils ont aussi parlé avec lui, et il a répondu. Les figures de votre imagination n’entretiennent pas de conversations profondes et prolongées avec vous, à moins que vous n’ayez le genre de trouble mental qui vous isole. Mais cette « hallucination » a conversé avec au moins onze personnes à la fois, pendant quarante jours (Actes 1: 3).

(11) Les apôtres ne pouvaient pas croire à « l’hallucination » si le cadavre de Jésus était encore dans la tombe. C’est un point très simple et révélateur; car si c’était une hallucination, où était le cadavre? Ils l’auraient vérifié; s’il avait été là, ils n’auraient pas pu croire.

(12) Si les apôtres avaient halluciné et ensuite répandu leur histoire hallucinogène, les Juifs les auraient arrêtés en montrant le corps – à moins que les disciples ne l’aient volé, auquel cas nous sommes de retour avec la théorie du complot et toutes ses difficultés.
(13) Une hallucination n’expliquerait que les apparitions post-résurrection; cela n’expliquerait pas la tombe vide, la pierre roulée, ou l’incapacité de produire le cadavre. Aucune théorie ne peut expliquer toutes ces données sauf une véritable résurrection.

C.S. Lewis dit:
« Toute la théorie de l’hallucination repose sur le fait (et si c’est une invention [plutôt qu’un fait], c’est l’invention la plus étrange qui soit jamais entrée dans l’esprit de l’homme) qu’à trois reprises cette hallucination n’a pas été immédiatement reconnue comme Jésus. (Luc 24: 13-31, Jn 20:15, Jean 21: 4). Même en admettant que Dieu ait envoyé une sainte hallucination pour enseigner des vérités déjà largement crues sans elle, et beaucoup plus facilement enseignées par d’autres méthodes, et sûres d’être complètement obscurcies par ceci, ne pourrions-nous pas au moins espérer avoir une hallucination correcte? Est-ce que celui qui a fait tous les visages est un tel maladroit qu’il ne peut même pas arriver à une ressemblance reconnaissable de l’Homme qui était lui-même? » (Miracles, chapitre 16)

Certains de ces arguments sont aussi vieux que les Pères de l’Église. La plupart remontent au XVIIIe siècle, en particulier avec William Paley. Comment les incroyants essaient-ils d’y répondre? Aujourd’hui, peu tentent même de répondre à ces arguments, bien que parfois quelqu’un essaie de remettre à neuf l’une des trois théories de l’évanouissement, de la conspiration ou de l’hallucination (par exemple, The Passover Plot de Schonfield). Mais la contre-attaque aujourd’hui prend le plus souvent l’une des deux formes suivantes:

  1. Certains rejettent la résurrection simplement parce qu’elle est miraculeuse, renvoyant ainsi toute la question à savoir si les miracles sont possibles. Ils soutiennent, comme Hume l’a fait, que toute autre explication est toujours plus probable qu’un miracle. Pour une réfutation de ces arguments, voir notre chapitre sur les miracles (chapitre 5).
  2. L’autre forme de contre-attaque, de loin la plus populaire, est d’essayer d’échapper au dilemme traditionnel des «trompeurs» ou des «trompés» en interprétant les Évangiles comme un mythe – ni littéralement vrai ni littéralement faux, mais spirituellement ou symboliquement vrai. C’est la ligne standard des départements de théologie libérale dans les collèges, les universités et les séminaires dans tout le monde occidental aujourd’hui.

Réfutation de la théorie du mythe: six arguments

(1) Le style des évangiles est radicalement et clairement différent du style de tous les mythes. Tout érudit littéraire qui connaît et apprécie les mythes peut vérifier cela. Il n’y a pas d’événements excessifs, spectaculaires et puérilement exagérés. Rien n’est arbitraire. Tout s’intègre. Tout a un sens. La main d’un maître est au travail ici.

La profondeur psychologique est maximale. Dans le mythe, elle est minimale. Dans le mythe, de tels événements externes spectaculaires se produisent qu’il serait distrayant d’ajouter beaucoup de profondeur de caractère. C’est pourquoi ce sont des gens ordinaires comme Alice qui sont les protagonistes d’aventures extraordinaires comme dans Alice au pays des Merveilles. Cette profondeur de caractère et le développement de chacun dans les évangiles – surtout, bien sûr, Jésus lui-même – est remarquable. C’est aussi fait avec une incroyable économie de mots. Les mythes sont verbeux; les évangiles sont laconiques (concis).

Il y a aussi des marques révélatrices de la description d’un témoin oculaire, comme le petit détail de Jésus écrivant dans le sable lorsqu’on lui a demandé s’il fallait ou non lapider la femme adultère (Jn 8, 6). Personne ne sait pourquoi ceci est mentionné; rien n’en sort. La seule explication est que l’écrivain l’a vu. Si ce détail et d’autres similaires dans les quatre évangiles ont été inventés, alors un collecteur d’impôts du premier siècle (Matthieu), un «jeune homme» (Marc), un médecin (Luc) et un pêcheur (Jean) ont tous inventé un nouveau genre de fiction réaliste dix-neuf siècles avant que cela soit réinventé dans le vingtième.

Le point stylistique est si bien argumenté par CS Lewis dans « Modern Theology and Biblical Criticism » (dans Christian Reflections et aussi dans Fern-Seed and Elephants) que nous le recommandons fortement au lecteur comme étant le plus complet essai anti-démythologisant que nous ayions vu .

Soyons encore plus précis. Comparons les évangiles avec deux écrits mythiques de l’époque pour voir par nous-mêmes les différences stylistiques. Le premier est le soi-disant Évangile de Pierre, une falsification autour de 125 après J.C que John Dominic Crossan (du « Séminaire de Jésus »), un chéri des médias parmi les sceptiques, affirme comme prédatant les quatre évangiles.

Comme le dit William Lane Craig:
« Dans ce récit, la tombe n’est pas seulement entourée de gardes romains mais aussi de tous les pharisiens et anciens juifs, ainsi que d’une grande multitude de tous les paysans venus assister à la résurrection. Soudain, dans la nuit, une voix forte retentit dans le ciel et deux hommes descendent du ciel vers la tombe. La pierre au-dessus de la porte se renverse d’elle-même, et ils vont dans la tombe. Les trois hommes sortent de la tombe, deux d’entre eux tenant le troisième homme. Les têtes des deux hommes atteignent les nuages, mais la tête du troisième homme dépasse les nuages. Alors une croix sort du tombeau, et une voix du ciel demande: «Avez-vous prêché à ceux qui dorment? Et la croix répond: « Oui ». » (Apologetics, page 189)

Voici une deuxième comparaison, de Richard Purtill:
« Il peut être utile de jeter un coup d’œil rapide, à des fins de comparaison, à la chose la plus proche que nous ayons autour de l’époque des Évangiles, qui est une tentative de fiction réaliste. C’est l’histoire d’Apollonius de Tyana, écrite vers 250 ap. J.-C. par Flavius ​​Philostratus […] Il y a des preuves que le sage néo-pythagoricien nommé Apollonius a vraiment vécu, et donc le travail de Philostrate est un exemple réel de ce que nous avons pensé être les évangiles: un compte-rendu romancé de la vie d’un vrai sage et enseignant, en introduisant des éléments miraculeux pour construire le prestige de la figure centrale. Il nous donne ainsi un bon aperçu de ce à quoi ressemblerait un véritable exemple de biographie romancée, écrit à une époque et à un endroit pas très éloignés de ceux dans lesquels les évangiles ont été écrits.

La première chose que nous remarquons est l’atmosphère de conte de fées. Il y a une assez jolie petite histoire de vampires, qui a inspiré un petit poème de Keats intitulé Lamia. Il y a des histoires d’animaux sur, par exemple, des serpents en Inde assez grands pour traîner et manger un éléphant. Le sage erre de pays en pays et partout où il va, il est susceptible d’être entretenu par le roi ou l’empereur, qui tient de longues conversations avec lui et l’envoie sur son chemin avec des chameaux et des pierres précieuses.

Voici un passage typique sur des miracles de guérison: «Une femme qui avait eu sept fausses couches a été guérie par les prières de son mari, comme suit. Le Sage a dit au mari, quand sa femme était en train d’accoucher, d’amener un lapin vivant sous son manteau à l’endroit où elle se trouvait, de marcher autour d’elle et de relâcher immédiatement le lapin; car elle perdrait son ventre aussi bien que son bébé si le lapin n’était pas immédiatement chassé. [Bk 3, sec 39]

Voici ce que vous obtenez lorsque l’imagination se met au travail. Une fois la frontière des faits franchie, nous nous promenons dans la féerie. Et c’est très bien aussi pour le divertissement ou les loisirs. Mais les Évangiles sont fermement ancrés dans la vraie Palestine du premier siècle, et les petits détails ne sont pas des inventions pittoresques mais les véritables détails que seul un témoin oculaire ou un romancier réaliste et habile peut donner. » (Thinking about religion, p 75-76)

(2) Un deuxième problème est qu’il n’y avait pas assez de temps pour que le mythe se développe. Les démythologistes originaux ont basé leur argumentation sur une date tardive du deuxième siècle pour l’écriture des Evangiles; plusieurs générations doivent passer avant que les éléments mythologiques ajoutés puissent être considérés à tort comme des faits. Des témoins oculaires seraient là avant pour discréditer les nouvelles versions mythiques. Nous connaissons d’autres cas où des mythes et des légendes de miracles se sont développés autour d’un fondateur religieux – par exemple, Bouddha, Lao-tseu et Mahomet. Dans chaque cas, de nombreuses générations ont passé avant que le mythe ne fasse surface.

Les dates pour l’écriture des évangiles ont été reculées par chaque découverte manuscrite empirique; seule l’hypothèse abstraite pousse la date vers l’avant. Aujourd’hui, presqu’aucun chercheur compétent ne soutient ce que Bultmann disait nécessaire pour croire la théorie du mythe, à savoir qu’il n’y a aucune preuve textuelle du premier siècle que le Christianisme a commencé par un Christ divin et ressuscité, et non pas un être humain et un mort qui plus est.

Certains chercheurs contestent encore la date du premier siècle pour les évangiles, en particulier celui de Jean. Mais personne ne conteste que les lettres de Paul ont été écrites pendant la vie de témoins oculaires du Christ. Alors, discutons des lettres de Paul. Soit ces lettres contiennent du mythe soit non. Si c’est le cas, il manque les générations nécessaires pour construire un mythe communément cru. Il n’y a même pas une génération. Si ces lettres ne sont pas des mythes, alors les Evangiles ne le sont pas non plus, car Paul affirme toutes les principales revendications des Evangiles.

Julius Muller a présenté l’argument anti-mythe de cette façon:
« On ne peut pas imaginer comment une telle série de légendes aurait pu se produire dans un âge historique, obtenir le respect universel et supplanter le souvenir historique du vrai  personnage [Jésus] …. si des témoins oculaires étaient encore à portée de main pour être questionnés sur le respect de la vérité des merveilles enregistrées. Par conséquent, la fiction légendaire, comme elle aime, non pas le temps clair présent, mais préfère l’obscurité mystérieuse de l’antiquité grise, a coutume de chercher un éloignement de l’âge, ainsi que celle de l’espace, et de placer ses créations les plus audacieuses, les plus rares et merveilleuses dans une terre très éloignée et inconnue. » (The Theory of Myths in Its Application to the Gospel History Examined and Confuted [Londres, 1844], p.26)

Muller a défié ses contemporains du dix-neuvième siècle de produire un seul exemple n’importe où dans l’histoire, d’un grand mythe ou d’une légende surgissant autour d’une figure historique et étant généralement cru dans les trente ans après la mort de cette personne. Personne ne lui a jamais répondu.

(3) La théorie du mythe a deux couches. La première couche est le Jésus historique, qui n’était pas divin, n’a pas revendiqué la divinité, n’a pas fait de miracles et n’est pas ressuscité des morts. La deuxième couche, plus tard, mythifiée, est l’Evangile tel que nous l’avons, avec un Jésus qui prétend être divin, qui a fait des miracles et est ressuscité des morts. Le problème avec cette théorie est simplement qu’il n’y a pas la moindre preuve réelle de l’existence d’une telle première couche. La théorie du gâteau à deux couches a la première couche faite entièrement d’air – du vent en fait.

Saint Augustin réfute la théorie des deux couches avec sa puissance condensée et sa simplicité habituelles:

« Déjà même, à Carthage, j’avais été touché des discours d’un certain Helpidius, qui, dans des conférences publiques contre les Manichéens, les pressait par certains passages de l’ecriture, dont ils paraissaient fort embarrassés; car ils craignaient d’avancer en public leur réponse, qu’ils nous communiquaient en secret, à savoir, que les livres du Nouveau Testament avaient été falsifiés par je ne sais quels Juifs, qui voulaient enter la loi juive sur la foi chrétienne; mais ils ne représentaient eux-mêmes aucun exemplaire authentique. »(Confessions, V, 11)

Notez le sarcasme dans la dernière phrase. Cela s’applique toujours aujourd’hui. William Lane Craig résume la preuve – le manque de preuves:
« Les Évangiles sont une histoire miraculeuse, et nous n’avons d’autre histoire qui nous soit transmise que celle qui est contenue dans les Évangiles … Les lettres de Barnabas et de Clément se réfèrent aux miracles et à la résurrection de Jésus. Polycarpe mentionne la résurrection du Christ, et Irénée rapporte qu’il avait entendu Polycarpe raconter les miracles de Jésus. Ignace parle de la résurrection. Quadratus rapporte que des personnes vivaient encore qui avaient été guéries par Jésus. Justin Martyr mentionne les miracles du Christ. Aucune relique d’une histoire non-miraculeuse n’existe. Que l’histoire originale soit perdue et remplacée par une autre, va au-delà de tout exemple connu de corruption même de tradition orale, sans parler de l’expérience des transmissions écrites. Ces faits montrent que l’histoire dans les Évangiles était en substance la même histoire que les chrétiens au début. Cela signifie […] que la résurrection de Jésus a toujours fait partie de l’histoire. » (Apologetics, chapitre 6)

(4) Un petit détail, rarement remarqué, est significatif pour distinguer les évangiles du mythe: les premiers témoins de la résurrection étaient des femmes. Dans le Judaïsme du premier siècle, les femmes avaient un faible statut social et n’avaient aucun droit légal de témoigner. Si le tombeau vide était une légende inventée, ses inventeurs ne l’auraient sûrement pas fait découvrir par des femmes, dont le témoignage était considéré comme sans valeur. Si, d’un autre côté, les écrivains ne faisaient que rapporter ce qu’ils voyaient, ils avaient à dire la vérité, même si elle était gênante sur le plan social et juridique.

(5) Le Nouveau Testament ne peut pas être un mythe interprété et confondu avec un fait car il distingue spécifiquement les deux et répudie l’interprétation mythique (2 Pierre 1:16). Puisqu’il dit explicitement que ce n’est pas un mythe, si c’est un mythe, c’est un mensonge délibéré plutôt qu’un mythe. Le dilemme est toujours là. C’est soit la vérité, soit le mensonge, délibéré (conspiration) ou non-délibéré (hallucination). Il n’y a pas d’échappatoire aux choix de ce dilemme. Une fois qu’un enfant demande si le Père Noël est réel, votre oui devient un mensonge, pas un mythe, s’il n’est pas littéralement réel. Une fois que le Nouveau Testament distingue le mythe du fait, il devient un mensonge si la résurrection n’est pas un fait.

(6) William Lane Craig a résumé les arguments textuels traditionnels avec tant de clarté, de synthèse et de puissance que nous le citons longuement ici. Les arguments suivants (réarrangés et décrits dans Knowing the Truth About the Resurrection) prouvent deux choses: premièrement, que les évangiles ont été écrits par les disciples et non plus tard par des faiseurs de mythes, et deuxièmement, que les évangiles que nous avons aujourd’hui sont essentiellement les mêmes que les originaux.

(A) La preuve que les évangiles ont été écrits par des témoins oculaires:

  1. La preuve interne, tirée des Évangiles eux-mêmes:
    1. Le style d’écriture dans les Évangiles est simple et vivant, ce que nous attendrions de leurs auteurs traditionnellement acceptés.
    2. De plus, puisque Luc a été écrit avant les Actes, et puisque les Actes ont été écrits avant la mort de Paul, Luc doit avoir une date plus ancienne, qui parle en faveur de son authenticité.
    3. Les Évangiles montrent aussi une connaissance intime de Jérusalem avant sa destruction en 70 après J.C. Les Évangiles sont pleins de noms propres, de dates, de détails culturels, d’événements historiques, de coutumes et d’opinions de cette époque.
    4. Les prophéties de Jésus sur cet événement (la destruction de Jérusalem) doivent avoir été écrites avant la chute de Jérusalem, car sinon l’Église aurait séparé l’élément apocalyptique des prophéties, ce qui les fait paraître concerner la fin du monde. Puisque la fin du monde ne s’est pas produite quand Jérusalem a été détruite, les soi-disant prophéties de sa destruction qui ont été réellement écrites après la destruction de la ville n’auraient pas fait apparaître cet événement si étroitement lié à la fin du monde. Par conséquent, les Évangiles doivent avoir été écrits avant 70 après JC.
    5. Les histoires des faiblesses humaines de Jésus et des fautes des disciples témoignent aussi de l’exactitude des Évangiles.
    6. De plus, il aurait été impossible pour les faussaires de rassembler un récit aussi cohérent que celui que nous trouvons dans les Évangiles. Les Évangiles n’essaient pas de supprimer les contradictions apparentes, ce qui indique leur originalité (écrite par des témoins oculaires). Il n’y a pas de tentative d’harmonisation entre les Évangiles, comme on pourrait s’y attendre de la part de faussaires.
    7. Les Évangiles ne contiennent pas d’anachronismes; les auteurs semblent avoir été des Juifs du premier siècle témoins des événements.

Nous pouvons conclure qu’il n’y a pas plus de raison de douter que les Évangiles proviennent des auteurs traditionnels qu’il n’y a de doutes que les œuvres de Philon ou Josèphe sont authentiques, si ce n’est que les Evangiles contiennent des événements surnaturels.

2. Preuves externes

1.Les disciples ont dû laisser quelques écrits, engagés comme ils l’étaient, pour donner des leçons et conseiller les croyants qui étaient géographiquement éloignés; et que pouvaient être ces écrits sinon les Évangiles et les épîtres eux-mêmes? Finalement, les apôtres auraient eu besoin de publier des récits précis de l’histoire de Jésus, afin que toute fausse tentative soit discréditée et que les vrais Évangiles soient préservés.
2. Il y avait beaucoup de témoins oculaires qui étaient encore vivants quand les livres ont été écrits qui pouvaient témoigner s’ils provenaient de leurs auteurs supposés ou non.
3. Le témoignage extra-biblique attribue unanimement les Évangiles à leurs auteurs traditionnels: l’épître de Barnabé, l’épître de Clément, le berger d’Hermès, Théophile, Hippolyte, Origène, Quadratus, Irénée, Melito, Polycarpe, Justin Martyr, Denys, Tertullien, Cyprien, Tatian, Caius, Athanase, Cyrille, jusqu’à Eusèbe en 315 après JC, même les adversaires du Christianisme ont concédé ceci: Celsus, Porphyre, l’empereur Julien.
4. A une seule exception près, aucun évangile apocryphe n’est jamais cité par un auteur connu pendant les trois cents premières années après Christ. En fait, il n’y a aucune preuve que tout évangile inauthentique existait au premier siècle, dans lequel les quatre Évangiles et Actes étaient écrits.

(B) La preuve que les Évangiles que nous avons aujourd’hui sont les mêmes Évangiles écrits à l’origine:

1.En raison du besoin d’instruction et de dévotion personnelle, ces écrits doivent avoir été copiés plusieurs fois, ce qui augmente les chances de préserver le texte original.
2. En fait, aucune autre œuvre ancienne n’est disponible en autant de copies et de langues, et pourtant toutes ces différentes versions sont d’accord sur le contenu.
3. Le texte n’a pas été modifié par des ajouts hérétiques. L’abondance des manuscrits sur une large répartition géographique montre que le texte a été transmis avec des différences insignifiantes. Les différences qui existent sont assez mineures et résultent d’erreurs involontaires.
4. Les citations des livres du Nouveau Testament dans les écrits des premiers Pères de l’Église coïncident toutes.
5. Les Évangiles n’auraient pas pu être corrompus sans un grand tollé de la part de tous les chrétiens orthodoxes.
6. Personne n’aurait pu corrompre tous les manuscrits.
7. Il n’y a pas de moment précis où la falsification aurait pu avoir lieu, puisque, nous l’avons vu, les livres du Nouveau Testament sont cités par les Pères de l’Église en succession régulière et rapprochée. Le texte n’aurait pu être falsifié avant tout témoignage extérieur, puisque les apôtres étaient encore vivants et pouvaient répudier de telles altérations.
8. Le texte du Nouveau Testament est tout aussi bon que le texte des œuvres classiques de l’Antiquité. Répudier la parité textuelle des Evangiles reviendrait à renverser toutes les règles de la critique et à rejeter toutes les œuvres de l’Antiquité, puisque le texte de ces œuvres est moins certain que celui des Evangiles.

Richard Purtill résume le cas textuel:
« Beaucoup d’événements qui sont considérés comme fermement établis historiquement ont (1) beaucoup moins de preuves documentaires que de nombreux événements bibliques; (2) et les documents sur lesquels les historiens se fondent pour une grande part de l’histoire séculaire ont été écrits beaucoup plus longtemps après l’événement que de nombreux enregistrements d’événements bibliques; (3) de plus, nous avons beaucoup plus de copies de récits bibliques que d’histoires séculaires; et (4) les copies qui ont survécu sont beaucoup plus anciennes que celles sur lesquelles se fonde notre preuve de l’histoire profane. Si les récits bibliques ne contenaient pas de récits d’événements miraculeux, l’histoire biblique serait probablement considérée comme beaucoup plus solidement établie que la majeure partie de l’histoire, disons, de la Grèce classique et de Rome.« (Thinking about religion, p.84-85)

Conclusions: Réponses à d’autres objections

Aucune alternative à une véritable résurrection n’a encore expliqué: l’existence des Évangiles, l’origine de la foi chrétienne, l’échec des ennemis du Christ à produire son cadavre, le tombeau vide, la pierre roulée, ou les récits des apparitions post-résurrection. L’évanouissement, la conspiration, l’hallucination et le mythe se sont révélés les seules alternatives à une véritable résurrection, et chacun a été réfuté.

Quelles raisons pourraient être données à ce stade pour quiconque refuserait de croire? À ce stade, des objections générales plutôt que spécifiques sont généralement données. Par exemple:

Objection 1: L’histoire n’est pas une science exacte. Il ne donne pas de certitude absolue comme les mathématiques.

Réponse: C’est vrai, mais pourquoi le noteriez-vous maintenant et pas quand vous parlez de César, de Luther ou de George Washington? L’histoire n’est pas exacte, mais cela suffit. Personne ne doute que César a traversé le Rubicon; pourquoi beaucoup doutent que Jésus est ressuscité des morts? Les preuves pour ce dernier sont bien meilleures que pour le premier.

Objection 2: Vous ne pouvez pas faire confiance aux documents. Le papier ne prouve rien. Tout peut être falsifié.

Réponse: C’est simplement de l’ignorance. Ne pas faire confiance aux documents, c’est comme ne pas faire confiance aux télescopes. La preuve papier suffit pour la plupart de ce que nous croyons; pourquoi deviendrait-elle soudainement suspecte ici?

Objection 3: Parce que la résurrection est miraculeuse. C’est le contenu de l’idée plutôt que la preuve documentaire qui la rend incroyable.

Réponse: Nous avons finalement une objection directe – pas à la preuve documentaire mais aux miracles. C’est une question philosophique, pas une question scientifique, historique ou textuelle. (Voir le chapitre cinq dans ce livre pour une réponse).

Objection 4: Ce ne sont pas seulement les miracles en général mais ce miracle en particulier qui est inacceptable. La résurrection d’un cadavre est basse, grossière, vulgaire, littérale et matérialiste. La religion devrait être plus spirituelle, intérieure, éthique.

Réponse: Si la religion est ce que nous inventons, nous pouvons faire ce que nous voulons. Si c’est ce que Dieu a inventé, alors nous devons la prendre comme nous la trouvons, tout comme nous devons prendre l’univers tel que nous le trouvons, plutôt que ce que nous aimerions qu’il soit. La mort est basse, grossière, vulgaire, littérale et matérielle. La résurrection rencontre la mort là où elle est et la conquiert, au lieu de simplement faire jaillir quelques abstractions vaporeuses et inoffensives sur la spiritualité. La résurrection est aussi vulgaire que le Dieu qui l’a faite. Il a également fait la boue, les punaises et les ongles d’orteils.

Objection 5: Mais une interprétation littéraliste de la résurrection ignore les dimensions profondes de sens que l’on trouve dans les domaines symboliques, spirituels et mythiques profondément explorés par d’autres religions. Pourquoi les chrétiens sont-ils si étroits et exclusifs? Pourquoi ne peuvent-ils pas voir le symbolisme profond dans l’idée de la résurrection?

Réponse: Ils le peuvent. Ce n’est pas soit l’un soit l’autre. Le Christianisme n’invalide pas les mythes, il les valide, en les incarnant. C’est « un mythe devenu un fait« , pour reprendre le titre d’un essai de C.S. Lewis (dans God in the Dock). Pourquoi préférer un gâteau à une couche plutôt qu’un gâteau à deux couches? Pourquoi refuser soit l’aspect littéral-historique soit celui mythique-symbolique de la résurrection? Le Fondamentaliste refuse les aspects mythico-symboliques parce qu’il a vu ce que les Modernistes ont fait avec: ils l’ont utilisé pour exclure l’aspect littéral-historique. Pourquoi les Modernistes l’ont-ils fait? Quel sort terrible les attend s’ils suivent les preuves et arguments multiples et graves qui ressortent naturellement des données, comme nous les avons résumées ici dans ce chapitre?

La réponse n’est pas obscure: le Christianisme traditionnel les attend, avec l’adoration du Christ comme Dieu, l’obéissance au Christ comme Seigneur, la dépendance au Christ comme Sauveur, l’humble confession du péché et un effort sérieux pour vivre la vie de sacrifice du Christ. Le détachement du monde, la droiture, la sainteté et la pureté de la pensée, de la parole et de l’action. Les preuves historiques sont assez importantes pour convaincre l’investigateur à l’esprit ouvert. Par analogie avec tout autre événement historique, la résurrection a des preuves éminemment crédibles derrière elle. Pour ne pas y croire, vous devez délibérément faire une exception aux règles que vous utilisez partout ailleurs dans l’histoire. Maintenant, pourquoi quelqu’un voudrait-il faire ça?

Posez-vous cette question si vous osez, et portez un regard honnête vers votre cœur avant de répondre.

2 Replies to “Des preuves de la Résurrection du Christ”

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