Romains 13 n’est pas l’alpha et l’omega de la Théologie

Traduction par @catholiquelibertarien de l’article « Theology doesn’t begin and end with Romans 13 » du Dr. Norman Horn publié sur Libertarianchristians.com le 2 avril 2013

Le texte est légèrement édité et complété de liens pour une meilleure compréhension.

Un dimanche de Pâques, j’ai rejoint une discussion Facebook où le rôle du gouvernement et Romains 13 étaient discutés. Nombre de points sur la relation du chrétien au gouvernement ont été échangés, y compris les citations de Léon Tolstoï, et un thème majeur était l’idée de l’anarchisme chrétien. Bien sûr, quand cela arrive, Romains 13 est invariablement amené sur la table. Cependant, il me semble que ce n’est pas un bon point de départ pour discuter de l’étatisme dans la Bible.

Romains 13 n’est pas un raccourci pour avoir raison sur notre relation au gouvernement. Les gens aiment pouvoir répondre aux questions par des formules simples et rapides – et c’est essentiellement la façon dont la plupart des chrétiens tentent de traiter Romains 13. Cependant, vous ne pouvez absolument pas discerner tout ce que la Bible dit de l’Etat avec Romains 13. C’est attrayant mais cela ne fonctionne pas.

Un problème majeur que nous rencontrons dans Romains 13 est la définition de «soumission». C’est un mot parfois difficile à comprendre. Par exemple, Paul dit dans Ephésiens que nous devrions nous « soumett[re] les uns aux autres à cause du respect que [nous avons] pour le Christ.» (note du traducteur: Ephésiens 5:21). Puis il dit «Femmes, soyez soumises à vos maris, comme vous l’êtes au Seigneur.» Jacques 4:7 nous appelle à «[nous] soumettre à Dieu».  Evidemment, nous ne croyons pas que «soumission» dans ces versets signifie la même chose que Romains 13. En effet, nous voyons à plusieurs reprises de grands hommes et femmes de la Bible – Jésus, Paul, Pierre, Daniel, Shadrach, Méschac, Abednego, David, Elie, Elisée – défiant l’Etat.

Comprendre la soumission dans le contexte d’une théologie biblique de l’État est ce qui importe. Ainsi, il faut comprendre ce que la Bible dit à propos de l’État, de sa nature, de son origine, de son destin et de sa relation avec Dieu, avant d’essayer de comprendre le sens de la soumission.

Regardons la Genèse, 1 Samuel, les Évangiles et l’Apocalypse. Je vais rapidement donner un aperçu de certains points clés de cette sélection d’extraits (bien que chaque extrait puisse constituer une étude à part entière et qu’il y ait beaucoup plus à étudier que ces quatre-là).

Pièce à conviction A: La Tour de Babel (Genèse 11) est «l’histoire originelle» de l’État. Nous apprenons ici que l’État est organisé comme une opposition à Dieu. L’État est rebelle et idolâtre, et désire devenir / remplacer Dieu.

Pièce à conviction B: 1 Samuel 8 est l’incident où Israël demande un roi (c’est-à-dire, une monarchie organisée / un « Etat » primitif). Dieu parle à travers Samuel et lui fait savoir ce que va faire ce gouvernement … et vous connaissez le reste de l’histoire. Outre les «années de gloire» de David et de Salomon, Israël fut un désastre complet.

Pièce à conviction C: Les Évangiles, spécialement Matthieu, sont très clairs sur le fait que le Royaume de Dieu n’a rien à voir avec un royaume terrestre (lire: État), et que le Royaume de Dieu est à plusieurs reprises en conflit avec les royaumes de la terre.

Pièce à conviction D: Les symboles de l’Apocalypse, si nous voulons leur donner une signification globale dans le monde physique, doivent d’abord être interprétés à la lumière du conflit entre l’Empire romain et le Royaume de Dieu à venir. Comme il n’y avait pas vraiment d’autres États significatifs à considérer au moment de l’écriture de l’Apocalypse, le prolongement des symboles dans le sens présent peut et doit inclure les États actuels, non nommés mais là par leur principe. Nous discernons que le destin de l’État est sa destruction.

Maintenant, nous pouvons revenir à Romains 13 et nous demander ce qu’implique la «soumission» correcte à une entité qui est:

  1. rebelle et idolâtre
  2. abusive envers les gens
  3. constamment en opposition avec le vrai Roi et le vrai Royaume
  4. destinée à la destruction

La réponse est que la soumission au pouvoir coercitif de l’Etat est avant tout prudentielle. Ne soyez pas stupide, ne compromettez pas l’Eglise ou votre famille, ne gaspillez pas votre témoignage au monde. Cependant, vous n’avez pas à vous contenter du statu quo non plus. J’ai écrit plus à ce sujet dans mon exégèse de Romains 13: 1-7.

Selon les mots de plusieurs des Pères fondateurs Américains, « la rébellion aux tyrans est l’obéissance à Dieu. » Mais nous n’avons même pas besoin de prendre une épée pour le faire. La légitimité de l’Etat repose sur le consentement tacite du peuple (Etienne de la Boétie), et ainsi nos plus grandes armes sont de renouveler nos propres opinions et ensuite d’aider à renouveler celles des autres. Détourner l’esprit des gens de l’État pour le faire revenir au Roi des rois est le but.

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